Thierry Maret, s.t., acrylique sur papier, 97 x 63,1cm, entre 1985 et 1992. Atelier : Centre de jour « La Sève », Xhendelesse (BE). Collection Trinkhallmuseum.

VISAGES/FRONTIÈRES


Vernissage : 20 mars 2020 à 18h30
Exposition : du 21 mars au 30 août 2020

Exposition d’ouverture de la première saison du Trinkhall

« Vous est-il arrivé, couché dans l'herbe haute, pesant, terrestre, de considérer les nuages qui passent en tourbillonnant ? Fantômes dodus ou, plus haut, voiles étirés jusqu'au sourire… L'espace est peuplé, peuplé de visages flottants qui se démultiplient, d'abord disséminés puis, bientôt, foisonnants, et qui surgissent encore, vifs ou ondoyants.

Tous ne sont pas identiques mais ils se ressemblent. Ils sont de face, mobiles, imprédictibles, exubérants, sans profondeur, sans corps, sans couleurs. Ils se bousculent. Ils semblent sortis d'une génération anarchique active qui prolifère et enveloppe.
L'espace est peuplé de visages qui travaillent la solitude en silence. » (Lucienne Strivay)

Présentation générale de l’exposition

Jean-Michel Wuilbeaux, Le moral en arc de cercle, 2007, peinture sur toile, Collection Fondation Paul Duhem.

À tout n’a rien gagner

Jean-Michel Wuilbeaux au Trinkhall museum
Vernissage : 20 mars 2020 à 18h30
Exposition : du 21 mars au 30 août 2020

Né à Valenciennes en 1968, Jean-Michel Wuilbeaux fréquente l’atelier de la Pommeraie (Beloeil) depuis 1990. Il y développe une œuvre d’une exceptionnelle densité, œuvre peinte, mais écrite également, à même la toile ou sur des feuilles volantes. Les peintures, les dessins et les mots de Jean-Michel Wuilbeaux courent en liberté parmi les consciences et les idées reçues. Le musée lui consacre sa première exposition monographique, en étroite collaboration avec la Fondation Paul Duhem (www.fondationpaulduhem.eu) et Bruno Gérard, responsable de l’atelier arts plastiques de La Pommeraie. Une lecture musicale des textes de Jean-Michel Wuilbeaux sera donnée, au Théâtre de Liège, dans le cadre du festival Corps de textes.

27 mars 2020, Salle de l’œil vert, avec Thierry Devillers (lecture), Steve Houben (saxophone) et Étienne Plumer (percussions).

Château de cartes, Polaroïd, 2019. Crédit : Anne De Gelas

Intermède (Un visage de lignes)

Anne De Gelas à la Châtaigneraie
Vernissage : 14 février 2020, à 18h30
Exposition du 15 février au 29 mars

Dans le cadre des expositions partenaires du Trinkhall museum, l’artiste propose une étape de son travail en cours intitulé « Un visage de lignes » :

"Un visage de lignes … l’autoportrait court les années, reflet du temps qui passe, la vie qui creuse des sillons. L’histoire s’inscrit à même la peau, l’autoportrait raconte.

Un intermède, la maladie.

Apparaissent dans le travail les autres, les amis, la famille. Portraits de ceux qui entourent lorsque le corps lâche, que le miroir se fissure. La reconstruction peut se faire dans les yeux des proches aimants. En eux, se retrouver peu à peu.

Dans ce moment de fragilité, le désir renaît de porter un regard attentif sur de petites choses, souvenirs et objets du quotidien, des miettes éparpillées dans l’appartement. Les poser, les assembler, les photographier, prendre le temps de la convalescence et… continuer " (Anne De Gelas).

Pasteur-guerrier afar, tribu Botdomela, village d’Askoma (Hadar Woleita), Éthiopie, 2008. Crédit : Thomas Chable.

Des jours

Thomas CHABLE à la galerie Quai 4
Vernissage : 12 mars 2020, à 18h30.
Exposition du 13 mars au 4 avril 2020

Dans le cadre des événements d’ouverture du Trinkhall museum, la galerie Quai4 accueille une exposition des extraordinaires portraits réalisés par Thomas Chable en Éthiopie, depuis plus de dix ans. En déclinant encore autrement l’idée de « frontières », cette exposition s’inscrit idéalement dans le cadre général de notre thématique.

« … voilà maintenant presque un mois que tu me demandes un texte sur l’exposition que je vais présenter à la galerie quai 4 au mois de mars 2020. Encore hier, je n’ai pu m’empêcher d’aller dans les bois, trop beau le temps et puis ça nous a permis de déguster le soir, les quelques pieds-de-mouton que l’on avait cueillis. On garde les bolets pour un autre jour. Comme tu peux t’en rendre compte, tout est bon pour contourner et aller voir ailleurs, et voir ailleurs c’est encore ce que je fais de mieux. Là on approche. Il y a quelque chose à dire, mais les mots me manquent. Par contre, il y a des photographies comme celle du lac Tana, faite au petit matin, calme, qui ne dit pas qu’il est une des deux sources du grand Nil. J’y ai fait des rencontres sur le bateau, mais là aussi la photo ne le dit pas, ça n’a d’ailleurs aucune importance, ce qui est important à mes yeux, c’est ce que cette image évoque, ce qu’elle me laisse dans la voix. C’est une petite bricole qui mise bout à bout avec d’autres, finissent par faire une vie et c’est déjà une œuvre en soi. Et encore, je ne parle pas des « accidents », je ne vais quand même pas dévoiler le métier de photographe. C’est de cela dont il sera question chez Quai 4, des photographies que j’ai faites lors de quelques voyages en Éthiopie, voyages sans but prédéfini, juste le plaisir d’être là » (Thomas Chable).

Vauclaire, 2016. Crédit : Hélène Tilman.

Ici le temps s’arrête

Hélène TILMAN à la Société Libre d’Émulation
Vernissage : 18 mars 2020, de 18h à 20h30
Exposition : du 19 mars au 18 avril 2020

« Ici le temps s’arrête est un projet entamé en 2013 au sein de l’hôpital psychiatrique Vauclaire en Dordogne. Les pavillons de cet hôpital ont été construits à partir de 1919 autour d'une chartreuse datant du XIVe siècle. Ce qui a été un « asile d'aliénés » porte aujourd'hui le nom de « centre hospitalier ». Un siècle de psychiatrie résonne en ses murs. Là-bas, je photographie la complexité du lieu, les patients, leurs regards, douloureux, hallucinés, ou éteints, les marques de leur maladie, leurs cicatrices. Je réfléchis à la visibilité ou l'invisibilité de ces maladies, à la difficulté de ce qu'on ne peut pas voir. A ce que l’on peut montrer, ce qui nous fait honte : les traitements, l'enfermement. Les limites sont fragiles. L’atmosphère varie entre mystique et médicale, elle est rapidement changeante, mais reste ancrée dans une temporalité à part, un espace-temps différent, parallèle au notre, au monde du dehors » (Hélène Tilman). Les installations de l’artiste, en mobilisant la photographie, le son et la vidéo, évoquent la complexité du soin de la « folie », l’enfermement, la souffrance, mais également la beauté, la force et la douceur de l’être humain.

Pulp(e), 2019. Crédit : Dany Danino.

En abyme

Dany Danino au Théâtre de Liège
Vernissage : 23 mars 2020 à 18h
Exposition : du 24 mars au 2 mai 2020

Pour l’ouverture du Trinkhall, le Théâtre de Liège accueille une exposition monographique de Dany Danino. Il est artisan autant qu’artiste contemporain. Il manie et actualise avec beaucoup de sensibilité impressions lithographiques et sérigraphiques, tout en pratiquant le dessin de manière éblouissante, à la pointe sèche, au feutre, au Bic ou à la plume, presque toujours en bleu, couleur-fétiche dont il exploite toutes les nuances. Les motifs qui traversent son iconographie singulière (crânes humains ou animaux, fœtus, portraits déformés, gueules cassées, etc.) mettent en trouble la notion même de visage, confrontent celui-ci à sa vanité, à son animalité, à son étrangeté parfois fantastique, à son évanescence. La scénographie opte pour un accrochage léger de voiles suspendus avec impressions, constituant un espace semi-transparent dans lequel le spectateur peut pénétrer et déambuler à sa guise.

Luc Boulangé et Samuel Carriaux, s.t., 40x60, brou de noix et acrylique, collection privée.

Z’avez pas vu mirza ?

Luc Boulangé chez Amour Maracas et Salami
Vernissage : 26 mars 2020 à 18h
Finissage : le 5 avril dès 14h

Les animateurs d’ateliers sont également des artistes. Ils déploient souvent comme en miroir une œuvre intensément imprégnée de l’expérience qui les lient aux artistes qu’ils accompagnent parfois pendant de très longues années. Qui est le maître de qui ? Nous voulons, au Trinkhall, donner sens à ces influences et à ces contiguïtés singulières. Luc Boulangé, fondateur du Créahm, présente ici quelques aspects d’une œuvre plastique qui ne cesse, depuis quarante ans, d’être bouleversée au contact des artistes porteurs d’un handicap mental.

Francisco GOYA (1746-1828) Alla va eso, 1799. Collection : musée Wittert.

La chambre des ancêtres

au musée Wittert
Vernissage : 27 mars 2020, à 18h
Exposition : du 28 mars au 27 juin 2020

Chez certains peuples-racines, en Afrique ou ailleurs, un espace est dévolu à la rencontre des ancêtres. On y vient rendre hommage à leurs valeurs, s'entretenir avec eux, prendre leurs conseils. C'est sur ce rendez-vous qu'est bâtie cette exposition. Les collections du musée Wittert sont revisitées comme en regardant par-dessus l'épaule du peintre et poète Yvon Vandycke auquel le musée de La Boverie consacrera une grande exposition à l'été 2020. Ainsi, on retrouvera de Dürer à Ensor ou Spilliaert en passant par Rembrandt et Goya, portraits des autres et visages de soi, dans la farandole des vanités, des masques et de la mort toujours recommencée. Ironie critique et mélancolie, fraternité animale, force des cris muets, grand rire de la vie, tous ceux qui se réveillent ici ont peuplé la pensée et les formes, la manière d'être au monde d'Yvon.

Yvon Vandycke, Bobo, Peinture, huile et acrylique sur papier marouflé sur bois - Collection privée.

V comme visages, V comme Vandycke

Yvon Vandycke au musée de la Boverie
Vernissage : 2 juillet 2020
Exposition : du 3 juillet au 20 août 2020 à 18h

Yvon Vandycke est un peintre expressionniste montois. L’année 2020 correspond au vingtième anniversaire de son décès. C’est l’occasion, pour nous, de rendre justice à cette œuvre trop peu connue en Belgique, en organisant, au musée de la Boverie, une vaste exposition rétrospective. Dans l’œuvre de Vandycke, la condition du corps occupe autant les textes que la peinture, la gravure, le dessin. Le visage tient une place curieuse dans ce contact avec les désordres, les révoltes, les fraternités et les magnificences du corps. Frontière, il est premier : il montre et il cache. Il aveugle aussi au point de disparaître parfois du corps des femmes, femmes sans tête, femmes de dos… Ou, au contraire, il contamine toutes les formes, glissant des yeux dans les plis d'un ventre, dans un fond hanté, dans la figure des rêves.

Yvon Vandycke, Bobo, Peinture, huile et acrylique sur papier marouflé sur bois - Collection privée.

Génies du lieu

Le Trinkhall au Grand Curtius
Vernissage : 10 septembre 2020 à 18h
Exposition : du 11 septembre au 29 novembre 2020

Le nouveau bâtiment du Trinkhall, réalisé par l’atelier d’architecture Beguin-Massart, n’est pas seulement un instrument de travail ou un objet fonctionnel. Il accompagne et soutient, directement, la politique muséale que nous mettons en œuvre. Il en est l’écrin et la vivante expression. Posé comme une lanterne au cœur du parc d’Avroy, parmi les arbres et les sentiers qui donnent à la ville sa respiration, il suggère une manière d’être là, où l’emportent la légèreté, la délicatesse, la transparence et l’accueil. En lui-même, il fait œuvre et il fait sens. Il porte en bannière une philosophie du bâti toute entière inspirée par la poétique des lieux. C’est un grand voile de lumière doucement posé dans le sillage des temps - la ville ancienne et ses bras d’eau, l’assèchement de la rivière au début du XIXe siècle, le dessin et l’aménagement du parc, les arbres qui grandissent, les chemins qui serpentent, la construction d’un pavillon mauresque en 1880, ses usages, ses abandons, son remplacement par le bâtiment moderne des années ’60 et, aujourd’hui, son tout nouvel habit opalin. Le Trinkhall est en son lieu : paysages, émotions, mémoires entrecroisées, la tristesse et la joie des récits, des histoires. Les œuvres qu’il abrite aujourd’hui font secrètement lien avec ces histoires et ces récits, qui sont nôtres, redisant, en d’autres mots, nouveaux, la puissance expressive des mondes fragiles. Le Trinkhall est un musée des arts situés. C’est pourquoi nous lui consacrons une exposition – Génies du lieu -, où nous voulons que tous ces temps dialoguent et se rencontrent.