Les artistes exposés actuellement

Adolpho Avril - La « S » grand atelier, Belgique

Adolpho Avril fréquente La « S » grand atelier, à Vielsalm, depuis 2003. Graveur de talent, il est l’auteur d’une œuvre prolifique. Il collabore fréquemment avec l’artiste Olivier Deprez.

Adolpho Avril a créé un univers très personnel, peuplé de sombres héros. Après la mort, après la vie (éditions FRMK, 2014), qu’il co-signe avec O. Deprez, ou encore le cri déchirant les lieux exposé ici, témoignent de la grande force plastique de l’artiste.

s.t., xylogravure, 2008

Beverly Baker - Latitude Artist, USA

Artiste américaine (Latitude Artist, Kentucky), Beverly Baker travaille au départ de documents administratifs qu’elle subtilise sur son lieu de travail ou au départ de pages arrachées à des magazines ou à des livres. Ce support initial est ensuite couvert par de multiples couches de lettres, de mots et de lignes de couleurs.

Avec la fréquentation des ateliers, la production de Beverly Baker s’émancipe progressivement du texte pour devenir plus graphique. Les trois œuvres exposées ici en attestent. Nous sommes face à de quasi tapisseries dont l’intensité tranche avec la sobriété des moyens. Car, quoi qu’il en soit de l’évolution de son travail, Beverly Baker recourt toujours aux mêmes modestes instruments : stylo à bille, crayon ou marqueur.

s.t., stylo-bille sur papier, 2012

Silvano Balbiani - Adriano e Michele, Italie

Artiste italien, Silvano Balbiani fréquente l’atelier Adriano e Michele à San Colombano al Lambro lorsqu’il réalise cette série.

Dans la surface qu’il enduit d’acrylique, Silvano Balbiani découvre des motifs qu’il s’attèle alors à faire émerger.

La sélection retenue pour Des lieux pour exister nous montre des objets de tous les jours – pipe, chapeau, toupie – magnifiés par la force expressive de l’artiste.

ROCHETTO, pastel gras et acrylique sur papier, 2001

Willi Begenat - Atelier Kreativen Werkstatt, Allemagne

Sur un fond d’aquarelle, Willi Begenat (1940-1995) peint, à l’aide d’une baguette trempée dans la peinture, de petits motifs. Fruits de la patience et de la concentration de l’artiste, les motifs apparaissent et s’organisent sur la toile ou le papier.

L’œuvre exposée ici, évoquant l’art pariétal, grouille de personnages et autres bestioles pour former un paysage abstrait intensément peuplé.

s.t., acrylique, écoline et encre de Chine , avant 1990

Dorothy Berry - Arts Projects Australia, Australie

Artiste australienne des ateliers Arts Projects Australia, Dorothy Berry aime varier les supports et les techniques, parfois au sein d’une même réalisation. Elle est l’auteure d’un bestiaire fantastique où les oiseaux sont présents en nombre.

Des lieux pour exister expose un des magnifiques perroquets réalisés par l’artiste. Hiératique, l’oiseau nous indique dans quelle direction nous diriger. Ou bien, dans toute sa superbe, nous adresse-t-il un regard de mise en garde ?

s.t., fusain sur papier, s.d.

Christine Cattebeke - Ateliers De Zandberg, Belgique

Fréquentant les ateliers De Zandberg, Christine Cattebeke crée des œuvres plastiques aux couleurs très vives, mêlant huiles et pastels.

Assez répétitives, les productions de Cattebeke suivent une même structure ; les sujets – fleurs, personnes, maisons et champignons – apparaissent selon des motifs réguliers. L’œuvre présente dans Des lieux pour exister en est un parfait exemple.

A une seule occasion, Christine Cattebeke s’est écartée de son schéma créatif : une production textile, non figurative, composée de carrés et de rectangles colorés.

s.t., pastel sur papier, 2007

Valerio Ciccone - Arts Project Australia, Australie

Australien, Valerio Ciccone fréquente les ateliers Arts Project Australia, à Melbourne, depuis près de quarante ans.

S’il réalise quelquefois des gravures ou des sculptures en céramique, Valerio Ciccone crée principalement des dessins à partir de coupures de la presse quotidienne, hommes d’affaires ou politiciens à la une devenant le sujet de ses portraits quand ce n’est pas simplement le texte, transformé, qui constitue l’objet de ses représentations.

Dans l’œuvre présente ici, un fusain, au gris et au noir profonds, dresse la liste des rues et quartiers de Melbourne familiers à l’artiste.

s.t., fusain sur papier, avant 1992

Anne De Gelas, Belgique

Photographe depuis plus de trente ans, originaire de Bruxelles, Anne De Gelas compte à son actif plus d’une vingtaine d’expositions personnelles et un grand nombre d’expositions collectives, en Belgique et à l’étranger. Elle est également l’auteur de plusieurs publications (Mère et Fils, 2018 ; Une journée (presque) parfaite, 2012 ; Le secret ou la question du journal intime, 2008). 

Une série de Polaroïds de l’artiste Anne De Gelas est exposée. Magnifiques natures mortes, ces photographies s’inscrivent dans l’histoire au long cours de la figuration occidentale, nous ramenant à nos intérieurs les plus contemporains et, tout autant, atemporels. Il y a, dans les natures mortes d’Anne De Gelas comme chez tant d’artistes de la collection du Trinkhall, une fidélité à l’ici à ce point forte qu’elle en devient nécessité.

Anémones fanées

Pierre De Peet - Créahmbxl, Belgique

Pierre De Peet (1929-2019) est l’un des artistes phares des ateliers du CréahmBxl, où il a œuvré pendant près de trente ans, d’août 1990 jusqu’à sa mort, survenue en novembre 2019. Issu d’un milieu relativement modeste, une santé fragile lui ferme tôt les chemins de l’école. Il aide aux champs, comme il l’explique dans son autobiographie, puis rejoint son frère dans la boulangerie familiale, où il travaille comme ouvrier pendant plusieurs années. En août 1990, à l’âge de 60 ans, il intègre les ateliers du Créahm. Il y développe peu à peu une œuvre plastique d’une bouleversante intensité : dessins, peintures et gravures. La sûreté parfaite du trait, l’intelligence des couleurs, le sens inné de la narration et une poétique incomparable de l’écart constituent les éléments principaux d’un langage pictural où l’expressionisme, en ses dimensions parfois les plus tragiques, ne cesse de dialoguer avec une manière de douceur et de tendresse à nulles autres pareilles. Pierre De Peet porte sur le monde un regard à la fois sans concession et d’une extrême bienveillance. Il feuillette magazines et livres d’art, constellations d’images, d’émotions et d’événements, la trame d’une chronique élective de la vie telle qu’elle va, pour le meilleur et parfois pour le pire, les gens et les corps comme saisis dans la nudité d’exister et qui renvoient, transparents, à nos propres douleurs et à nos propres espérances.

s.t., acrylique sur papier, s.d.

Robert De Zaeytijdt - CRÉAHMBXL, Belgique

Robert De Zaeytijdt (1929-1999) fréquente les ateliers arts plastiques du Créahm à Bruxelles de 1984 à 1998. Sur une période relativement brève, il a réalisé une œuvre abstraite et puissamment poétique. L’artiste use de médiums privilégiés comme l’écoline et l’acrylique pour appliquer de larges aplats de couleur sur le papier. Ces zones sont toujours rehaussées d’une subtile ponctuation idéographique presque mathématique, à l’encre de chine ou au pastel, dont la graphie évoque les partitions musicales. S’il limite l’utilisation des couleurs jusqu’à l’épurement, Robert De Zaeytijdt est aussi un coloriste talentueux. De cette subtile combinaison surgit le doute, que l’artiste laisse planer sur ses intentions. L’interprétation n’en est que plus profonde et l’on peut imaginer de ces compositions qu’elles suggèrent un paysage ou un portrait. Ou bien sont-elles une forme d’expression calligraphique délicatement mystérieuse, dont le code aurait été gardé secret par l’artiste ?

Deux mondes se superposent, cohabitent et se complètent dans l’œuvre de Robert De Zaeytijdt : la brume d’une intimité et les accents de la vie qui racontent ses anicroches ou ses légèretés. Une création artistique qui nous renvoie définitivement à nos propres fragilités.

s.t.,acrylique et encre de Chine sur papier, 1990

Philippe Dafonseca - La « S » Grand Atelier, Belgique

Artiste de La « S » Grand Atelier, à Vielsalm, Philippe Dafonseca réalise une œuvre dont la gamme de tons est, certes, limitée – les gris, les noirs et les beiges en composent tout l’éventail – mais néanmoins riche et variée.

L’artiste reproduit éléments et choses du quotidien en de géométriques architectures, composant de cette manière une cartographie singulière du réel.

s.t., acrylique sur toile, 2006

Frédéric Deschamps - Ateliers De Zandberg, Belgique

Dans la Black Box, aux côtés des peintures de Maurice Pirenne, se tiennent de petites sculptures parallélépipédiques. Ce sont les « boîtes à secrets » de Frédéric Deschamp.

Artiste polyvalent des ateliers De Zandberg, Frédéric Deschamp est avant tout plasticien, mais il est aussi comédien et danseur. Il réalise également des enregistrements sonores remarquables. A la fois fragiles et brutaux, subtils et directs, ses travaux sont empreints de mystère et ressemblent à un jeu de cache-cache : il y a toujours quelque chose qui se terre derrière ce qui est explicitement montré ou raconté.

Des lieux pour exister : Au décès de sa mère, Frédéric Deschamp a réalisé une série de boîtes, sortes de cercueils en céramique. Sur leurs faces extérieures, l’artiste partage des messages avec les spectateurs. Dans certaines œuvres, il a également placé des tablettes d'argile ; ce sont là des secrets qu'il ne veut pas dévoiler.

s;t., argile cuite, s.d.

Julien Detiège - CRÉAHMBXL, Belgique

Dans le cadre d’un partenariat entre l’Espace Muséal d’Andenne (EMA) et le Trinkhall museum, l’artiste bruxellois Julien Detiège a été accueilli par l’EMA, les 10 et 11 février 2022.

Jouissant d’un espace dédié à la création en céramique, l’EMA a offert à Julien Detiège et à sa complice des ateliers du CRÉAHMBXL, Jeanne Bidlot, le cadre idoine pour réaliser une nouvelle sculpture.

Cette dernière a été réalisée à la demande du Trinkhall museum, dans le cadre de sa deuxième saison Des lieux pour exister. Les travaux de Julien Detiège y sont présents en nombre.

Les assemblages de terre de Julien Detiège sont d’étonnants portraits de femmes de son entourage, sortes de labyrinthes qui figurent, en trois dimensions, émotions et manières d’être au monde. Les visages et les corps s’élèvent en de fragiles architectures du vivant. Les identités se reconfigurent en lieux et le portrait se fait paysage.

Les partenaires du projet :

L'Espace muséal d’Andenne (EMA) 

Installé au cœur du « Phare » récemment rénové, l’Espace muséal d’Andenne se consacre notamment à la mise en valeur de la céramique sous toutes ses formes.

Avec le Trinkhall museum, l’EMA entretient des liens d’amitié, mais aussi une belle connivence plastique. Aussi les deux institutions ont-elles décidé de réaliser, en 2023, une exposition conjointe intitulée « Avec ou sans âme ». La résidence menée par Julien Detiège à Andenne en est une des premières étapes.

Le CRÉAHMBXL

Fondés en 1983 par Luc Boulangé, les ateliers du CRÉAHMBXL offrent un espace de création à des artistes en situation de handicap mental.

Plusieurs d’entre eux sont présents dans la collection du Trinkhall museum, les deux institutions partageant une même volonté : valoriser et diffuser un pan important et singulier de l’art contemporain.

Le film

Réalisé par Muriel Thies (Trinkhall museum) et mis en musique par Calogero Marotta, un reportage filmique garde la mémoire de la résidence de Julien Detiège à l’EMA.

Ce document audio-visuel est diffusé au sein de l’exposition Des lieux pour exister, constituant un élément à part entière du dispositif scénographique.   

s.t., argile cuite, 2006

Paul Duhem - La Pommeraie, Belgique

Paul Duhem (Blandain, 1919 – Ellignies-Sainte-Anne, 1999) a commencé à peindre sur le tard. Il avait 70 ans quand il franchit pour la première fois les portes de l’atelier de Bruno Gérard, à la Pommeraie, où il résidait depuis déjà une dizaine d’années. Son œuvre, aujourd’hui largement diffusée, est représentée dans de nombreuses collections publiques et privées. Elle tient tout entière dans le geste de dessiner et de peindre ad libitum les mêmes motifs, infiniment repris, toujours identiques et toujours différents, des visages et des portes, essentiellement, les mêmes motifs intérieurs mêmement disposés sur la page – Paul Duhem hoc fecit ! – et chaque fois réenchantés par l’intelligence inépuisée des couleurs et des variations, le geste et le rituel quotidiens de peindre, le même ethos et les mêmes instruments, crayons, pinceaux, équerre et rapporteur, une boîte à sardines, la même, toujours, où sont déposés les pigments. Le matin : trois peintures, et trois autres l’après-midi, ainsi chaque journée d’atelier, pendant dix années, jusqu’au décès de l’artiste, en 1999, le geste de peindre simplement suspendu qui aurait pu infiniment se prolonger. Henri Michaux, dans son bréviaire, Poteaux d’angle, avait donné aux artistes ce simple conseil : « Tenir les rênes courtes ». Peut-on rêver, devant les peintures de Paul Duhem, plus belle résonnance ? Duhem tient les rênes courtes et donne à chacun d’entre nous la liberté d’éprouver, dans la ronde des regards, des visages, des présences, le sentiment de sa propre existence.

s.t., techniques mixtes, s.d.

Roland Goossens - CRÉAHMBXL, Belgique

Roland Goossens fréquente les ateliers du Créahm, à Bruxelles, depuis 1988. Passionné par l’histoire et la géographie il réalise des dessins, souvent mis en couleur de manière nerveuse. Outre des portraits, Goossens produit des plans topographiant ses trajets ou représentant de grands centres urbains. Ces cartes sont la mémoire des lieux que Goossens visite, au quotidien ou à travers les livres.

s.t., feutre sur papier, s.d.

Patrick Hannocq - Créahm Région Wallonne, Belgique

Le travail plastique de Patrick Hannocq (Créahm Région Wallonne), a priori, est abstrait. Y apparaissent, cependant, des centres urbains vus du ciel, des buildings gigantesques, des plans ou encore le tracé exact des souvenirs de l’artiste. Car les réalisations d’Hannocq attestent, du moins jusqu’il y a peu, d’une mémoire fantastique et très précise – comme l’est le choix des couleurs et des matériaux ou encore le procédé en quadrillage qui organisent toutes ses productions.

Dans les œuvres d’Hannocq retenues pour la deuxième saison du Trinkhall, Des lieux pour exister, des chemins apparaissent, des itinéraires s’inventent, des routes se croisent. On chemine avec l’artiste au sein d’un réseau dont la densité est suggérée par la saturation du support.

s.t., acrylique et feutre sur toile, 2002

Jean-Marie Heyligen - Home André Livémont, Belgique

Jean-Marie Heyligen (Ath, 1961) est un artiste pluriel : peintre, graveur, sculpteur, il se prête depuis plus de quarante ans, avec une infinie patience, au jeu de dire hors-les-mots les choses qui importent - des visages effarés, des corps abandonnés et nus, des Indiens d’un autre monde, des chevaliers d’un autre temps, tous embarqués dans l’énigme irrésolue des formes, des traits, des matières, des couleurs, des images et des choses. L’œuvre au long cours de Jean-Marie Heyligen est le bric-à-brac ordonné, sans cesse métamorphosé, de tout ce qui, de l’enfance à l’âge d’homme, secrètement nous traverse.

s.t., linogravure, s.d.

Ronny MacKenzie - Project Ability, Royaume-Uni

Ronny MacKenzie fréquentait l’atelier artistique de Project Ability (Glasgow) lorsqu’il a réalisé l’œuvre exposée au Trinkhall museum. Nous ne disposons actuellement d’aucune information sur cet auteur.

s.t., pastel, fusain et crayon sur papier, avant 1998

Alain Meert - Créahm Région Wallonne, Belgique

Actif dans les ateliers du Créahm, à Liège, depuis 1996, Alain Meert a offert au Trinkhall museum une de ses pièces emblématiques : Le musée idéal (2019). Bateau pirate installé au rez-de-chaussée du musée, il porte en son sein les œuvres, mais tout aussi bien les gens et les projets qui importent à l’artiste. Cette pièce se donne comme la métaphore de notre politique muséale.

Alain Meert est, aussi, un incroyable copiste. Reproductions d’animaux ou natures mortes se trouvent transfigurées sous ses traits. C’est principalement dans ce pan de son travail que puise l’exposition Des lieux pour exister. En regard des Polaroïds d’Anne De Gelas, les créations d’Alain Meert disent avec une puissance incroyable le ténu de nos existences et, tout aussi bien, leur densité et leur grande complexité.

s.t., fusain, 2011

Le musée idéal d’Alain Meert

Le musée idéal est une œuvre réalisée par Alain Meert, l’un des artistes phares des ateliers du Créahm Région Wallonne, en vue de l’ouverture du Trinkhall.

L’artiste a répondu à la question que nous lui avions adressée - Qu’est-ce qu’un musée ? - par le moyen d’un galion, toutes voiles dehors, où s’exposent nonchalamment dessins, peintures et sculptures. C’est un théâtre de papiers, de cartons, d’objets, présences multipliées, insolites et familières qui se logent exactement dans l’entre-deux des consciences. Le monde entier qui tient dans un bateau : l’arche d’Alain Meert. Quelle plus heureuse métaphore pouvions-nous rêver pour conduire notre politique muséale ? Le bateau d’Alain Meert est un musée, comme nous le voulons, qui navigue en rêvant parmi les idées, les formes et les émotions. Capitaine de vaisseau, Alain Meert est un pirate. Nous espérons, au Trinkhall, nous laisser mener longtemps par ses mille sabords et ses hissez ho !

Le musée idéal d'Alain Meert et Patrick Marczewski, techniques mixtes, 2019

Alessandra Michelangelo - Blu Cammello, Italie

Fréquentant l’atelier Blu Cammello, à Livourne, Alessandra Michelangelo (1961-2009), de son vrai nom Alessandra Brigiotti, est l’auteur d’une œuvre polymorphe.

En peinture, son travail est résolument plus abstrait que figuratif. Il constitue un ensemble de symboles, renvoyant à nos univers intérieurs et à nos lieux secrets.

La gabbia del volotile, acrylique, 2006

Jean-Jacques Oost - La « S » Grand Atelier, Belgique

Récemment décédé, Jean-Jacques Oost a fréquenté La « S » Grand Atelier, à Vielsalm, pendant trente ans.

Sa production a pris un tournant assez radical en 1995, à l’occasion d’une exposition consacrée au thème du nu. Depuis lors, Jean-Jacques Oost se consacrait presqu’exclusivement à la représentation de la nudité féminine. Filiformes et sensuelles, les femmes de l’artiste adoptent des attitudes parfois très suggestives mais jamais obscènes. Elles se tiennent en leur lieu, quelquefois hors de tout contexte, et surgissent dans nos vies où elles s’imposent avec force.

s.t., linogravure, 2009

Bertha Otoya - Atelier Creativity Explored, USA

Originaire du Pérou, Bertha Otoya fréquente l’atelier américain Creativity Explored.

À ses débuts, elle se consacre au travail textile, réalisant des tapisseries et des kilts selon des procédés péruviens traditionnels. A partir de 2009, son travail prend une autre voie : Bertha Otoya se tourne alors vers la peinture, majoritairement en noir et blanc. Progressivement, la gravure occupe une place plus importante dans sa production : serpents, poissons et bêtes mystérieuses sont apposées sur des surfaces manuscrites, copies d’ouvrages variés allant du traité de démonologie au Paradis perdu de Milton.

Trois œuvres de Bertha Otoya sont exposées dans Des lieux pour exister. Les créatures d’Otoya glissent en leur lieu, nous entraînant dans un univers merveilleux ou des profondeurs parfois inquiétantes.

 

s.t., encre et gouache sur papier, 2009

Michel Petiniot - Créahm Région Wallonne, Belgique

Michel Petiniot fréquente les ateliers du Créahm, à Liège, depuis une trentaine d’années.

Chez Michel Petiniot, les traits saturent l’espace de la représentation, qu’elle soit en couleurs ou en noir et blanc. Faits de hachures et de petites formes géométriques, majoritairement réalisés au feutre, les dessins organisent des paysages urbains ou ruraux. Les personnes et les animaux qui les habitent sont composés des mêmes éléments graphiques que leur environnement.

Plusieurs créations de l’artiste ponctuent l’exposition Des lieux pour exister, notamment « La  Montagne oculée », une réalisation récente (2019).

La montagne de Michel Petiniot nous regarde, bouleversant de cette façon les frontières entre humains et non-humains et rendant perceptible la force d’expressivité des instances qui avec nous – comme nous – composent le monde.

On peut également admirer, dans l’exposition, deux tapisseries. Elles sont issues d’un triptyque et résultent d’une collaboration inédite entre Michel Petiniot et Brigitte Corbisier, installée en résidence au sein des ateliers du Créahm de Liège pendant plusieurs mois. Les deux artistes partagent un même goût pour le végétal, les insectes ou encore les oiseaux de nos jardins. Ensemble, ils ont travaillé le médium de la couture, s’écartant pour un temps de leurs techniques de prédilection – la gravure pour Brigitte Corbisier, le dessin pour Michel Petiniot. Patiemment, délicatement, les motifs ont pris forme sur le tissu. Alors que leur ambition première était de réfléchir plastiquement la question animale, les artistes ont élargi leurs propos pour en faire une véritable mise en image des rapports entre les existants, de nos relations au vivant et de notre inscription dans notre environnement.

s.t., technique mixte, 2019

Dimitri Pietquin - La maisonnée, Belgique

À l’atelier de La Maisonnée, à Haut-Ittre, Dimitri Pietquin développe depuis 1978 une œuvre graphique, entre écriture et figuration.

Les œuvres de Dimitri Pietquin présentes dans Des lieux pour exister, sont des stèles qui balisent nos paysages et nous aident à progresser en des lieux devenus, parfois, ardus à traverser.

La pierre I, acrylique, pastel et encre, 2004

Salvatore Pirchio - Blu Cammello, Italie

Né en 1960, l’artiste italien Salvatore Pirchio fréquente l’atelier Blu Cammello depuis 2009. On dispose de peu d’éléments biographiques qui pourraient guider, éventuellement, la lecture de son travail.

Ses réalisations plastiques, des encres unicolores, représentent, la plupart du temps, des scènes urbaines : gens au café ou passants sous la pluie. Un très bel exemplaire de ces réalisations est exposée dans Des lieux pour exister.

Plusieurs gravures de l’artiste sont également présentées. D’une grande sobriété, elles nous dévoilent des paysages que semble troubler un voile quelque peu mystérieux.

s.t., crayon gris et encre sur papier, 2010

Maurice Pirenne - Belgique

Au premier étage du musée, la « black box » abrite plusieurs tableaux de celui que l’on nomme, parfois, le Chardin du XXe siècle. Artiste discret, Maurice Pirenne (1872-1968) n’a fréquenté aucune académie ni école d’arts. Néanmoins, il bénéficie d’une solide érudition. Il voyage, en Belgique et à l’étranger, pour consolider ses connaissances et exercer son trait. Revenu en 1900 dans sa ville natale, Verviers, Maurice Pirenne y réside jusqu’à son décès. Au fil du temps, son œuvre picturale se resserre : réalisant de grands formats à ses débuts, Pirenne produit davantage de petits formats au fur et à mesure de sa carrière alors que son attention se replie toujours plus vers l’intimité de son intérieur – appui de fenêtre, clenche de porte ou pain de savon constituant le sujet central de ses tableaux les plus puissants.

Le TÉ, huile sur toile, 1958

Elmar Schafer - Créahm Fribourg, Suisse

Elmar Schafer fréquente les ateliers du Créahm, à Fribourg, depuis plus de vingt ans. Il est l’auteur d’une œuvre à l’acrylique, forte et colorée, où les paysages montagneux s’élèvent et semblent s’envoler sous l’effet du vent.

Bergwind, acrylique sur papier, 2002

Piet Schopping - Atelier Jans Pakhuys, Pays-Bas

Né en 1955, à Hilversum, Piet Schopping est l’auteur d’une œuvre essentiellement en deux dimensions, réalisée au marqueur noir, au crayon ou à l’acrylique. L’écriture y est très présente, racontant, au sein des paysages que crée l’artiste, une histoire dont lui seul détient la clé.

Les vaches de la composition au feutre présente dans l’exposition se fondent dans le paysage pour former les vagues de la prairie dont on ne sait plus si elle est herbe ou mer.

s.t., feutre sur papier, entre 1997 et 2004

Jeanine Simon - La « S » Grand Atelier, Belgique

Jeanine Simon intègre La « S » Grand Atelier, à Vielsalm, en 1995, alors qu’elle vient de perdre son emploi. Elle doit s’affranchir de son souci de faire plaisir pour, progressivement, trouver sa voie propre. Jeanine Simon cessera toute production en 2002, après qu’une exposition rétrospective lui ait été consacrée par le MADmusée, l’actuel Trinkhall museum.

La plupart des réalisations de Jeanine Simon conservent une forme d’ingénuité, que l’on considère la forme ou le contenu. De l’ensemble de son œuvre, quelques pièces remarquables se détachent : des végétaux – ou des natures mortes ?  – éblouissants s’imposent avec force.

s.t., crayon gris et pastel gras, entre 1995 et 2002

Pascal Tassini - CRÉAHM RÉGION WALLONNE, BELGIQUE

Né à Ans en 1955, Pascal Tassini fréquente pendant plus de vingt ans les ateliers du Créahm. Son oeuvre est désormais mondialement reconnue. Parmi ses nombreuses réalisations : une cabane, emblème de son oeuvre. Construite au sein de l’atelier où il travaille, la Cabane importe particulièrement dans le processus créatif de l’artiste. Elle est composée de la matière même qui a fait la spécificité – et la renommée – de l’oeuvre de Pascal Tassini : des matériaux de récupération entremêlés les uns aux autres par le moyen de pièces textiles nouées ensemble. Placée au coeur de l’atelier, la cabane offre un refuge à Tassini ; elle est le lieu qui autorise la création et qui abrite les oeuvres achevées. Elle est à ce point emblématique de son travail qu’en 2003, lors de l’exposition monographique que lui consacre le MADmusée, l’artiste élabore une variation de la cabane dans les murs du musée. Et, en 2017, lorsqu’il expose à la galerie Christian Berst à Paris, il revient sans cesse vers une grande reproduction photographique de cette réalisation architecturale hors du commun. La Cabane occupe non seulement une place centrale dans l’oeuvre de l’artiste, mais représente également une pièce majeure pour l’histoire de l’art récente.

La cabane de Pascal Tassini, techniques mixtes, s.d.

Louise Tournay, Belgique

Louise Tournay (1925-2010), surnommée Loulou, d’abord garde-malades, abandonne son métier après son mariage, en 1966.

Elle se tourne alors vers la création artistique, prenant des cours de modelage et de sculpture avant d’intégrer, en 1977, l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Les exigences des enseignants la rebutent cependant et ces derniers finissent par laisser Louise Tournay procéder comme elle l’entend.

Louise Tournay a réalisé une grande quantité de sculptures de petite taille, de 15 à 25 cm de hauteur, représentant des personnes de son entourage ou réinterprétant des œuvres célèbres, tels Les Aveugles de Bruegel.

Bob Verschueren, Belgique

L’artiste bruxellois Bob Verschueren, à la fin des années 1970,  abandonne la pratique picturale pour des créations plastiques qui ne relèvent ni du Land Art ni de la seule sculpture. Organiques et minérales, ses réalisations sont toujours des façons de réfléchir nos relations avec les lieux.

Lumineuses topographies du végétal, l’installation de Bob Verschueren révèle au plus intime de nos émotions l’idée-même de lieu, telle que nous cherchons à l’appréhender – nervures, chemins, envols, paysages minuscules et vibrants, où les frontières du dedans et du dehors s’effacent et laissent libre cours à l’esprit, ainsi devenu, enfin, chose parmi les choses.

Andréa Wellens - Het Zonnelied, Belgique

Bénéficiaire des ateliers du centre Het Zonnelied, à Lennik, Andréa Wellens réalise un travail plastique majoritairement au pastel, quelquefois à la peinture.

Si elle excelle dans l’art du portrait, l’artiste est également auteure de la superbe nature morte exposée dans Des lieux pour exister. Celle-ci dialogue idéalement avec la série de Polaroïds de la photographe bruxelloise Anne De Gelas. Les deux propositions artistiques se répondent, leur gamme chromatique et leur propos étant en syntonie.

s.t., pastel secs et gras, 1993

André Wostijn - Ateliers De Zandberg, Belgique

André Wostijn fréquente l’atelier De Zandberg. Il a développé, à partir de ses expériences en atelier et de ses collaborations avec d'autres artistes, un langage plastique très personnel, à mi-chemin entre la langue écrite et le graphisme.

Bien qu’importante, la production de Wostijn conserve une certaine spontanéité ; elle est ludique, positive et empreinte d’enthousiasme. Son travail actuel est polymorphe et bigarré : il crée de la poésie – qu’il déclame ou qu’il écrit, du graphisme, du collage, du dessin et de la peinture. Il crée quelquefois des compositions multimédias où tous ces éléments se mélangent.

s.t., gravure, 2007